Ma manip en photos : Lucas Jacquier, doctorant à ESE
16/12/2025
L. Jacquier
Je suis Lucas Jacquier, en première année de thèse dans l’équipe Processus Écologiques et Pressions Anthropiques du laboratoire Écologie, Société, Évolution . Mon projet de thèse, entrepris sous la direction de Carmen Bessa-Gomes et de Jean-Baptiste Mihoub consiste à étudier les déplacements de plusieurs espèces de vautours dans un but de conservation des espèces. Je suis arrivé à cette thèse suite à un passage en classes préparatoires BCPST (Biologie, Chimie, Physique, Sciences de la Terre) puis à l’École Normale Supérieure Paris-Saclay en Biologie à travers laquelle j’ai réalisé le master Biodiversité, Écologie, Évolution, parcours Écologie de la Conservation, au sein de l’Université Paris Saclay. En 2024, j’ai réalisé un stage de recherche à l’ESE qui a mené à la conclusion que les mouvements de la majorité des espèces aviaires transloquées (c’est-à-dire déplacées par l’humain) à but de conservation, n’ont pas été suivis, rapaces exceptés.
Les activités humaines telles que la destruction de l’habitat et le changement climatique sont actuellement à l’origine de la 6ème crise d’extinction des espèces vivantes. Les vautours n’en sont malheureusement pas épargnés et forment un des groupes d’oiseaux les plus menacés, malgré leur importance pour les sociétés humaines. En effet, en éliminant les carcasses d’animaux morts, ces oiseaux fournissent un service d’équarrissage naturel limitant ainsi les propagations de maladies. Les vautours présentent de plus une grande importance dans diverses cultures humaines. C’est pour cela, en plus de leur charisme intrinsèque et du droit de chaque espèce d’évoluer librement, qu’ils doivent être protégés.
L’objectif de ma thèse est d’étudier les mouvements d’erratisme et d’hyperdispersion chez ces espèces philopatriques, et les enjeux de conservation associés. Les juvéniles de vautours ont en effet plutôt tendance à réaliser leur première reproduction à proximité de leur site de naissance. Et pourtant, il arrive à certains individus de parcourir de très grandes distances. Par exemple Adonis, un mâle gypaète barbu réintroduit dans le sud de la France, a traversé l’Allemagne jusqu’à Hambourg puis, est allé en Pologne et en Ukraine avant de revenir dans le sud de la France, où il est maintenant installé (données GPS partagées par Olivier Duriez, CEFE).
Ces mouvements de grande ampleur, bien que fascinants, sont très risqués. En effet, dans un paysage qui est aujourd’hui grandement dominé par les infrastructures humaines, les oiseaux risquent les collisions, aussi bien avec les éoliennes qu’avec les lignes électriques et, plus exceptionnellement, les trains. C’est pourquoi il est primordial de comprendre ces comportements et leurs moteurs afin d’améliorer les programmes de conservation de ces espèces.
Pour me contacter : lucas.jacquier @ ens-paris-saclay.fr
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