Ma manip en photos : Ines Matrougui, doctorante à EGCE
08/01/2026
I. Matrougui
Je m’appelle Inès Matrougui, je suis en troisième année de thèse dans le laboratoire EGCE sous la supervision de Clément Gilbert au sein du pôle Evolution et Génome de l’EGCE et de Sylvain Charlat (laboratoire Processus Infectieux en Milieu Insulaire Tropical à la Réunion ). J’ai suivi une licence Biologie des Organismes et Écologie, suivie d’un master Biodiversité Écologie et Évolution, spécialité Écologie Évolutive, ainsi qu’un diplôme universitaire du magistère de biologie à l’Université Paris Saclay.
Ma thèse porte sur les transferts horizontaux d’ADN entre différentes espèces d’insectes. Un transfert horizontal est un processus par lequel un organisme va intégrer dans son génome le matériel génétique provenant d’une autre espèce transmis par un autre moyen que la reproduction. Je m’intéresse à un système particulier portant sur les transferts horizontaux entre des guêpes parasitoïdes et leurs hôtes.
Les guêpes parasitoïdes sont de petites guêpes qui vont pondre leurs œufs dans une larve d’insecte (l’hôte) (1). Après l’éclosion, les larves de guêpes vont utiliser l’hôte comme substrat et se nourrir de ce dernier (2) ; lors de la nymphose, les guêpes émergent hors de l’hôte (3), ce qui donne lieu la plupart du temps à la mort de l’hôte (4).
J’étudie ce système spécifique car les guêpes parasitoïdes ont la remarquable particularité d’avoir des virus domestiqués. Ce sont des virus qui, au cours de l’évolution, ont été intégrés dans le génome des guêpes et se transmettent désormais verticalement de génération en génération comme n’importe quel gène, perdant leur pouvoir infectieux. Ces virus domestiqués sont injectés dans l’hôte en même temps que les œufs. Une fois dans l’hôte, ils jouent un rôle important dans la réduction du système immunitaire de l’hôte de manière à favoriser la survie des larves de guêpes. De plus, ces virus s’intègrent massivement dans le génome de l’hôte, ce qui donne lieu à des transferts horizontaux.
À l’aide d’outils bioinformatiques, j’ai cherché ces transferts horizontaux chez des milliers d’espèces d’insectes qui pourraient être des hôtes potentiels afin de mieux comprendre les gammes d’hôtes de ces guêpes parasitoïdes. La figure ci-dessous représente les liens de parenté entre les différentes espèces d’insectes que j’ai testées : les barres bleues correspondent au nombre d’espèces par famille pour lesquelles je n’ai pas trouvé de transfert horizontal, les barres rouges correspondent au nombre d’espèces pour lesquelles j’ai trouvé des transferts. Ces transferts horizontaux sont surtout observés chez les Lépidoptères (papillons), connus pour être les principaux hôtes de ces guêpes parasitoïdes. On en retrouve également en moindre quantité chez des Hyménoptère et des Coléoptère qui sont parasité par quelques espèces de guêpes. Plus surprenant, les phasmes et les orthoptères (sauterelles) présentent aussi des transferts horizontaux dans leur génome et pourrait donc être de nouveaux hôte potentiel des guêpes parasitoïdes.
Pour me contacter : ines.matrougui @ universite-paris-saclay.fr