Ma manip en photos : Mathieu Brisson, ingénieur d’études à GQE

 10/04/2026

Ma manip en photos : Mathieu Brisson, ingénieur d’études à GQE

I. Genau

Je suis ingénieur d’études à GQE-Le Moulon équipe BIOSS   où je travaille sur le projet Fruitrescue   depuis janvier 2024.

Au cours de mon master en biologie végétale, spécialisé dans la production de semences et de jeunes plants à l’Université d’Angers, j’ai eu l’opportunité d’être introduit au monde de la recherche et formé en pathologie végétale.

Après un court séjour dans l’éducation nationale en tant que professeur de SVT, j’ai été recruté en janvier 2024 à GQE-Le Moulon   , (équipe ECLECTIC - “Ecology and (epi-)genomics of the responses of trees to global changes”) afin d’assurer la coordination du projet FruitRescue avec les différents acteurs (unités de recherche et expérimentales INRAe et 11 partenaires extérieurs en France et en Europe), d’assurer le phénotypage sur le verger expérimental, conservatoire et pédagogique de Saclay et sur les sites de Foljuif et de Villeneuve-d’Ascq et, d’assurer la gestion et la curation de la base de données du projet. Planté en 2021, le verger de pommiers sauvages de l’IDEEV   est un site de recherches destiné à comprendre les impacts des changements globaux sur les arbres fruitiers, il est issu de campagnes d’échantillonnage ciblées et participatives de pommiers sauvages européens (Malus sylvestris).

Durant l’année, des mesures de phénologie et de certains caractères renseignant sur l’état physiologique des arbres du verger sont faites. En automne, l’équipe procède à la récolte des échantillons de pommes de chaque arbre et les analyse. Une étape de mon travail est la récolte des fruits, l’extraction des pépins et le pressage des pommes.

Le nombre de pépins par fruit ainsi que leur masse, analysés automatiquement grâce à un appareil (une optomachine) après séchage à l’air libre pendant une semaine, me renseigne sur le potentiel succès reproducteur de l’arbre. L’extraction du jus permet ensuite d’en mesurer le taux de sucre (en degrés Brix) à l’aide d’un réfractomètre. Ces analyses, en complément des autres mesures effectuées au cours de l’année (chlorophylle des feuilles, taux de croissance du tronc…) et des données météorologiques, renseignent sur les relations entre organes sources et organes puits de carbone (1) au sein des arbres et donnent une vision d’ensemble de l’état de santé de l’arbre. Le taux de sucre, le poids moyen par fruit, le nombre de pépins viables permettent de déterminer la production, la santé de l’arbre dans cet environnement et, par extension, le succès reproducteur potentiel (la fitness).

(1) Les organes sources sont les feuilles où a lieu la photosynthèse : c’est un organe de production de matière organique qui pourra ensuite être exportée vers les organes puits qui vont les puiser, par exemple les fruits en accumulant les sucres.

Ces données permettront de mieux comprendre l’évolution des populations sauvages d’arbres fruitiers dans un contexte de changement climatique, d’aider à mieux conserver ces populations et éventuellement d’intégrer ces ressources génétiques dans les programmes d’amélioration variétale d’espèces cultivées.

Pour me contacter : mathieu.brisson @ inrae.fr

Crédits photos : I. Genau - ESE