Apports de « l’approche patrimoniale de la gestion de la qualité du vivant » à la prise en charge de la biodiversité dans les territoires ruraux

Apports de « l’approche patrimoniale de la gestion de la qualité du vivant » à la prise en charge de la biodiversité dans les territoires ruraux

C. Cobert

Soutenance de thèse
 16/10/2026
 13:30:00
 Cyrille Cobert, ESE
 IDEEV, salle Nicolaï Vavilov

Membres de l’encadrement

  • Mme FRASCARIA-LACOSTE Nathalie (Pr., AgroParisTech), directrice de thèse
  • Mme MAZÉ Armelle (IR HDR, INRAe), directrice de thèse
  • M. de MONTBEL Ambroise (IR, AgroParisTech), encadrant de thèse
  • M. PUPIN Vincent (docteur, consultant indépendant), encadrant de thèse

Résumé

Nous nous interrogeons ici sur les apports de « l’approche patrimoniale de la gestion de la qualité du vivant » (Ollagnon, 1998) pour aborder, susciter, améliorer la prise en charge de la biodiversité dans les territoires ruraux. Cette approche propose, en effet, un cadrage théorique et des démarches pour aborder cette question complexe, multi-acteurs et transverse dans une perspective d’action.

Pour répondre à notre questionnement, nous avons ainsi réalisé deux audits patrimoniaux durant cette thèse, le premier à l’échelle nationale, le second dans la communauté de communes Plaines et Monts de France (CCPMF), en Seine-et-Marne, puis en avons encadré un troisième dans la communauté de communes Pays d’Evian – vallée d’Abondance (CCPEVA), en Haute-Savoie. Nous avons aussi étudié six audits patrimoniaux réalisés entre 2018 et 2022, portant sur la biodiversité ou des sujets connexes dans six territoires très différents : l’ouest de l’Anjou, la Flandre maritime, la forêt de Fontainebleau, la Creuse, l’Occitanie et les Bauges. Nous avons voulu appréhender ce que les acteurs ont apporté en termes de regards et d’expertises, mais aussi ce que les audits patrimoniaux ont engendré comme suites en matière de prise en charge de la biodiversité.

Cinq résultats structurants émergent de cette thèse : (i) l’importance et la légitimité de la question de la prise en charge de la biodiversité dans les territoires ruraux pour l’ensemble des personnes auditées, question à la fois globale et territoriale ; (ii) la nécessité d’articuler ce sujet avec d’autres enjeux des territoires – agriculture, cadre de vie, paysages, terroirs, ruralité etc. – que l’audit patrimonial permet d’identifier, afin de mobiliser l’ensemble des acteurs ; (iii) l’élargissement du concept d’hétérogénéité utilisé en écologie à celle des acteurs, des actions, des modalités et des entrées qui devient un atout potentiel concret pour la prise en charge globale de la biodiversité car elle multiplie les facteurs de mobilisation et d’intérêt pour ce sujet; (iv) l’identification de territoires pertinents pour l’action, parfois distincts des territoires initialement imaginés pour l’audit patrimonial, souvent plus proches des territoires vécus et, pour cette raison, souvent plus mobilisateurs ; et (v) l’importance d’une démarche sur le temps long avec des allers-retours réguliers auprès des acteurs pour permettre l’émergence de schémas d’actions inédits et originaux.

Le cas de la plaine de Versailles apparaît alors exemplaire et permet de conforter nos résultats. Une démarche patrimoniale initiée au début des années 2000 sur le devenir de l’agriculture périurbaine a abouti à la création, en 2004, d’une association patrimoniale qui a insufflé un dynamisme agricole, mais a aussi défini plus largement un dessein commun territorial (Pupin, Viel et Colin, 2008). Cette association a permis de mettre les acteurs en situation de travailler ensemble sur les paysages, ce qui s’est concrétisé par l’élaboration en commun d’une charte paysagère (Bonin, 2013). Nous montrons qu’un processus de territorialisation et de patrimonialisation en commun du territoire conduit à une amélioration de la prise en charge de l’ensemble des dimensions du territoire, parmi lesquelles la biodiversité. En effet, celle-ci est mieux prise en compte par les agriculteurs, elle constitue une composante importante de la charte paysagère, et la création d’une réserve de biosphère est en réflexion, proposition qui n’aurait jamais été imaginée vingt ans en arrière.

En conclusion et perspectives, nous nous demandons comment l’approche patrimoniale pourrait contribuer à de tels processus territoriaux dans d’autres territoires. L’intervention dans le cadre de l’atlas de la biodiversité communautaire (ABC) de la CCPMF offre des perspectives importantes de recherche-action qui permettront d’inférer ou non nos premiers résultats de la thèse.

Composition du jury

  • M. BÉCU Nicolas (Dr. CNRS, La Rochelle Université), rapporteur et examinateur
  • M. DECONCHAT Marc (Dr. INRAe, Université de Toulouse), rapporteur et examinateur
  • M. FOUQUERAY Timothée (MC, ENS Rennes), examinateur
  • Mme LE STRAT Anne (docteure, OFB), examinatrice
  • M. MARAGE Damien (Pr., Université Marie et Louis Pasteur), examinateur
  • Mme NADOT Sophie (Pr., Université Paris-Saclay), examinatrice

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