Patrons, vecteurs et mécanismes des transferts horizontaux chez les insectes

Patrons, vecteurs et mécanismes des transferts horizontaux chez les insectes

Soutenance de thèse
 06/10/2026
 14:00:00
 Inès Matrougui, EGCE
 IDEEV, salle Carson/Franklin

Thèse effectuée sous la direction de Clément Gilbert (EGCE) et Sylvain Charlat (PIMIT).

Résumé

Les transferts horizontaux se caractérisent par le passage d’ADN entre organismes via un mécanisme autre que la reproduction. Longtemps considérés comme anecdotiques chez les eucaryotes, des études récentes à large échelle ont montré que les transferts horizontaux sont largement répandus, et ce particulièrement chez les insectes. Cependant, les mécanismes permettant le passage d’ADN d’un organisme à l’autre restent largement inexplorés. L’une des principales hypothèses proposées suggère un rôle possible des virus en tant que vecteurs de transferts, néanmoins ce rôle reste à être évalué. Pour explorer cette hypothèse, cette thèse s’est focalisée sur deux types de virus, les polydnavirus (virus domestiqués de guêpes parasitoïdes) (PDV) et les grands virus à ADN. Les PDV semblent être de véritables agents naturels des transferts horizontaux entre les guêpes parasitoïdes et leurs hôtes. Nous avons cherché à tester expérimentalement la capacité des PDV à s’intégrer dans la lignée germinale de l’hôte suite à un parasitisme. Aucune intégration germinale n’a pu être détectée, malgré nos efforts, suggérant que ce processus est très rare. De plus, plusieurs aspects des mécanismes permettant l’intégration des PDV dans le génome de l’hôte demeurent inexplorés. Par conséquent, nous avons identifié les facteurs influençant le nombre d’intégrations somatiques de PDV observées chez des hôtes parasités : la quantité de PDV injectée dans l’hôte, l’identité des cercles de PDV, et la susceptibilité de l’hôte peuvent moduler les variations du nombre d’intégrations. Par ailleurs, nous avons exploré l’idée que les transferts horizontaux de PDV entre guêpes et leurs potentiels hôtes pourraient révéler de nouvelles interactions écologiques. Nous avons ainsi détecté des PDV intégrés dans le génome d’hôtes connus pour être parasités par des guêpes porteuses de PDV, tels que les lépidoptères, coléoptères et symphytes (hyménoptères). De manière plus inattendue, nous avons également mis en évidence des transferts horizontaux chez les orthoptères et les phasmes, qui ne sont pas connus pour être parasités par les guêpes utilisant des PDV. Ces résultats montrent qu’il est possible d’identifier de potentielles nouvelles interactions écologiques grâce aux transferts horizontaux. Enfin, nous avons cherché la présence de transferts d’éléments transposables entre différentes espèces virales de baculovirus (grands virus à ADN). Une telle observation contribuerait à expliquer pourquoi de nombreux transferts horizontaux d’éléments transposables se produisent entre des espèces d’insectes éloignées phylogénétiquement, écologiquement ou géographiquement. Nous n’avons pas réussi formellement à caractériser de tels transferts, néanmoins, cette étude préliminaire nous apporte des pistes d’amélioration de nos méthodes pour mieux comprendre le rôle des virus dans les transferts horizontaux chez les insectes.

Composition du jury

  • Richard CORDAUX (DR CNRS, laboratoire Evolution, Génomes, Comportement, Ecologie, UMR CNRS 9191, IRD, Université Paris-Saclay), examinateur
  • Marie FABLET (MCF, laboratoire de Biométrie et Biologie Evolutive, UMR CNRS 5558, Université Lyon 1), rapportrice & examinatrice
  • Nicolas NEGRE (Professeur, unité Diversité, Génomes et Interactions Microorganismes-Insectes, UMR INRAE 1333, Université de Montpellier), rapporteur & examinateur
  • Clémentine VITTE (DR CNRS, unité Génétique Quantitative et Evolution – Le Moulon, UMR INRAE 0320, UMR CNRS 8120, Université Paris-Saclay, AgroParisTech), examinatrice

Pour assister à la soutenance en visioconférence : https://universite-paris-saclay-fr.zoom.us/j/92500343854?pwd=3pJduoyyGKOzSCopibJ3iE75BPYUMh.1